Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 15:46

Rio+20

 

          Avant même qu'elle ne débute, la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable (CNUDD), qui se tiendra à Rio de Janeiro du 20 au 22 juin 2012, apparaît déjà relativement compromise : en effet, les deux plus gros émetteurs de CO2 de la planète, les Etats-Unis et la Chine, ne semblent pas prêts à s'engager pour des mesures concrètes en faveur du développement durable. L'élection présidentielle américaine ayant lieu en décembre 2012, il semble peu probable que Barack Obama, actuellement en position favorable face aux atermoiements des Républicains englués dans des Primaires à couteaux tirés, ne prenne un risque qui pourrait lui coûter sa réélection. Quant à la Chine, dont l'avènement d'une classe moyenne ne cesse de s'amplifier, elle accroit ses recherches en termes de débouchés énergétiques, et pétrolier en particulier, aux quatre coins du globe.

 

Quels seront les grands sujets abordés lors de cette conférence ? Le thème de «l'économie verte dans le cadre du développement durable et de l’éradication de la pauvreté » est le premier axe sur lequel Rio+20 va se fonder : d'ores et déjà, les pays en voie de développement, la Chine, l'Inde et le Brésil en étant les hérauts, ont fait connaître leur réticence à une transition vers une croissance durable faible en émission de carbone, sous le prétexte_ louable même si erroné à moyen et long terme_ que cela pourrait hypothéquer leurs perspectives de croissance et donc les empêcher de rattraper leur retard sur les pays de la Triade. Le deuxième axe qui sera abordé est celui du « cadre institutionnel du développement durable » : un rapport mondial sur le développement humain a été rédigé en 2011 afin de préparer au mieux les tenants et les aboutissants inhérents à cette problématique. Ce rapport met en lumière la nécessité de concilier équité et durabilité afin de mettre en place une logique gagnant-gagnant et de faire prendre conscience aux pays en voie de développement qu'une croissance durable s'avère être le terreau sur lequel l'avenir des prochaines générations va se construire au cours des prochaines décennies. Le secrétaire général de la CNUDD, le diplomate chinois Sha Zukang, aura à susciter trois objectifs fondamentaux lors de cette conférence : initier une véritable prise de conscience de la sphère politique en faveur du développement durable, faire le point sur les objectifs atteints depuis le Sommet Mondial pour le Développement Durable de 2002, ainsi que se projeter sur les défis qu’il reste à surmonter dans les décennies à venir.

 

          Quarante années après la Conférence de Stockholm de 1972, et à l’aube d’une transition vers « une troisième révolution industrielle » (Jeremy Rifkin), c’est-à-dire une croissance fondée sur le développement durable, l’approche Nord/Sud s’avère être obsolète dans un monde où, plus encore que la mondialisation économique, les problématiques environnementales transcendent les frontières étatiques. Malgré les nuages qui pointent à l’horizon, cette conférence peut encore et doit relancer le processus de la lutte contre le réchauffement climatique : pour paraphraser André Malraux, le 21ème siècle sera fondé sur une croissance durable ou ne sera pas.

Par Maxime Valery Muller
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