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Vendredi 23 mars 2012 5 23 /03 /Mars /2012 20:23

Pour une sortie cohérente du nucléaire

 

 

            Alors que nous venons de commémorer le premier anniversaire du tsunami qui a coûté la vie à près de 20 000 âmes sur l'Archipel nippon, l'accident nucléaire de Fukushima qui suivit a ouvert un débat prégnant au sein de la société japonaise : le gouvernement conservateur de Yoshihido Yoda joue actuellement le bras de fer avec une population majoritairement hostile à la réouverture des cinquante deux réacteurs (sur cinquante quatre au total) mis en suspens depuis la catastrophe et apparaît même encline à une sortie du nucléaire. Pour la première fois de notre Histoire, la sortie du nucléaire va peut-être se produire dans un pays qui faisait reposer une part non négligeable de son électricité sur le nucléaire (28% contre 75% dans l'Hexagone), et qui plus est par le biais de la société civile.

Qu'en est-il en France ?

A près d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle, le futur locataire de l’Élysée, à la tête d'une Nation qui représente 1/10ème du nucléaire mondial, devra prôner une sortie du nucléaire. Qui dit sortie implique de le faire de manière progressive au cours des prochaines décennies. En effet, sortir précipitamment du nucléaire serait une aberration : 100 000 emplois seraient détruits instantanément tandis qu'une sortie progressive permettrait à la fois de maintenir ces emplois puis de créer, grâce aux énergies renouvelables, près de 300 000 emplois sur 20 à 30 ans. Face au prix de plus en plus élevé des denrées énergétiques (pétrole brut dépassant les 100 dollars le baril, le kWh conventionnel sur le point de devenir plus coûteux que le kWh fondé sur les énergies renouvelables comme l'éolien...) et au risque d'un accident nucléaire au coût désastreux pour l'économie française, la transition vers un nouveau modèle de société apparaît comme une nécessité : « notre avenir est la troisième révolution industrielle présentée par Jérémy Rifkin, celle qui permet le passage à la société post pétrolière et post nucléaire grâce au mariage ENr et NTIC » souligne Corinne Lepage. En outre, cette sortie du nucléaire ne pourra se faire que par une décentralisation énergétique, c'est à dire par la liberté donnée à chaque collectivité locale d'opter pour une autonomie énergétique qui leur permettrait de déterminer leur production et leur consommation : cette liberté n'est actuellement pas garantie, l'Etat entravant certaines collectivités territoriales dans leur volonté de développer des filières vertes (l'éolien avec  le carcan de l'amendement Ollier en est l'archétype).

Il est du devoir des responsables politiques de prendre la conscience des enjeux que recouvre la problématique du nucléaire : rester embourbé dans une politique énergétique de plus en plus coûteuse, dangereuse pour nos concitoyens, et contre-productive en termes de création d'emplois, s'avère être le reflet d'une vision éthérée des défis que la civilisation va avoir à affronter au cours du 21ème siècle.


Par Maxime Valery Muller
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