Dimanche 19 février 2012 7 19 /02 /Fév /2012 17:41

                               Conseil Constituionnel

 

        Alors que le Conseil Constitutionnel rendra sa décision mardi 21 février, j'entends de plus en plus les pourfendeurs d'une atteinte au statu-quo s'écrier que l'anonymat des parrainages, hérité du gaullisme et mis en suspens par les neuf Sages depuis 1976, n'est point une relique sacrée sous le prétexte que la figure historique qu'incarne de Gaulle l'ait institué. Certes, la Constitution doit s'adapter à l'évolution des moeurs: le fait est qu'aujourd'hui, en 2012, une large majorité des Français (60%) se déclare favorable à l'anonymat des parrainages.

L'anonymat permettrait d'empêcher les pressions politiques qui dissuadent souvent de nombreux maires de choisir un candidat en toute liberté de conscience et pour le bien de leurs administrés. De surcroît, au sein de nombreuses communes rurales, les maires refusent parfois d'apporter leur parrainage car ils doivent composer avec un conseil municipal politiquement divers: ils ne veulent donc pas provoquer de tensions dans leur commune en soutenant publiquement un candidat. En 2007, seulement 17 000 élus sur 44 000 avaient donné leur promesse de parrainage: ce chiffre apparaît comme le symbole d'une véritable déficience du système actuel des parrainages, ce dernier entravant le processus démocratique.

         La décision que le Conseil Constitutionnel s'apprête à rendre s'avérera d'une importance cruciale pour le processus d'élection du président de la République. A l'aube d'un changement sociétal majeur, les neuf Sages doivent avoir le courage de la responsabilité qui leur incombe.

 

License photo: CC BY-NC-SA 2.0

Par Maxime Valery Muller
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