Jeudi 5 juin 2014 4 05 /06 /Juin /2014 09:52

 

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          Loin des turpitudes inhérentes aux partis politiques traditionnels qu'elles ont provoquées, les élections européennes du 25 mai 2014 s’avèrent être un camouflet pour la France. Non seulement par la fragilisation exacerbée des valeurs républicaines que la victoire du Front National symbolise, mais par l’explosion à la face du monde du déclin de la France et de son influence au sein de l’union Européenne. Avec seulement 49 députés euro compatibles, l’Hexagone ne détient plus sa deuxième place initiale derrière l’Allemagne en terme de poids au Parlement Européen mais la… septième. Devant elle figure désormais une armada composée entre autres, outre l’Allemagne d’Angela Merkel, de l’Espagne, l’Italie, la Pologne, le Royaume-Uni. Cela implique indubitablement que la France ne possèdera plus autant de postes d'influence, en comparaison aux dernières législatures depuis l'institution du Parlement Européen en 1976,  au sein des diverses commissions parlementaires qui comptent.


Ce que divers sociologues et analystes politiques_ tel qu'Emmanuel Todd[1]_ affirmaient depuis près d'une décennie s'est couvert de consécration : l'Allemagne s'avère désormais être la maîtresse exclusive de l'Europe. Le fait est douloureux mais tellement indéniable : l'Allemagne n'a jamais autant surpassé la France depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Troublante ironie à la veille de la commémoration des 70 ans du débarquement sur les côtes normandes. Qu'on est loin de l'impulsion bicéphale que la France et l'Allemagne incarnaient pour la construction européenne depuis le Traité de Rome.  

 

Les raisons véritables de cette désaffection du peuple français pour ces élections européennes depuis près de 30 ans s’expliquent par le refus aveugle d’une caste de dirigeants (François Mitterrand en étant l’artisan le plus affirmé) de comprendre l’impossibilité historique que l’idée de monnaie unique imposait d’elle même. Au détriment de toute conscience collective_ base essentielle permettant à un peuple d’exister et de se muer en communauté_ l’unification étatique exacerbée qui fut imposée depuis Maastricht a conduit à l’instauration d’une jungle institutionnalisée puisque détenant la violence physique légitime wébérienne.

 

Demeure encore un espoir pour que la « débâcle » ne soit pas totale et irrémédiable au cours les cinq années à venir : que le FN ne parvienne pas à composer un groupe politique (nécessité de rassembler un minimum de 25 députés provenant de 7 États membres avant le 24 juin) au sein du Parlement Européen. Espérons que les radicalités affichées par le Jobbik hongrois ou l'Aube dorée hellénique suffiront à dissuader Marine Le Pen de franchir ce Rubicon.

 

Un constat bref, pouvant certes paraître abusivement lapidaire, qui s'inscrit telle une évidence à l'échelle géopolitique.

 



[1] Après la Démocratie, Paris, Gallimard, 2008

Au sein de cet ouvrage, Emmanuel Todd émet l’hypothèse du déclin français en raison d’une stagnation éducative accrue couplée au vieillissement de sa population dans un contexte de vide idéologique récurrent.

  L’invention de l’Europe, Paris, Seuil, coll. « L'Histoire immédiate », 1990

Cet ouvrage appelle les plus fervents européistes à sonder l'épaisseur anthropologique de chaque nation avant de se lancer dans un élargissement européen tous azimuts.

Par Maxime Valery Muller
Mardi 19 novembre 2013 2 19 /11 /Nov /2013 22:36

 

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Longue nuit de folie qui pointe ses premiers signes à l'horizon. Des airs prégnants de France 98 dans l'atmosphère. Le football français vient de commencer à vivre, et de loin, sa plus belle soirée depuis la coupe du monde 2006.


Cette « France  éternelle » (citer De Gaulle, et pourquoi pas ?), capable de s'élever dans les moments les plus désespérés de son histoire, vient d'apporter la preuve catégorique, sans ambages, qu'elle disposait de la hargne et de la fierté nécessaire pour se sublimer. Désormais, et quelque soit le parcours de cette équipe l'an prochain au Brésil, le peuple français détient désormais la conviction que cette génération, tant décriée pour son égoïsme et ses frasques à répétition, s'avère être digne de porter les couleurs de la France.


Que la désillusion de Knysna en 2010 semble loin...


Au delà de la qualification à la coupe du monde 2014, c'est toute une nation, plongée dans une déliquescence morale rarement atteinte, qui vient de reprendre confiance en sa capacité à se relever. Cette Équipe de France que l'on disait amorphe, et qui l'était incontestablement encore vendredi dernier sur le terrain glacial de Kiev, a rendu honneur à ses illustres prédécesseurs.


Pas certain que notre Président de la République sache se transcender autant pour relever notre Nation à l'avenir. Peu importe... Trêve de politique ce soir. La grandeur de la France est venue d'ailleurs.

 

Juste le temps de publier cet article... La soirée commence...

Par Maxime Valery Muller
Vendredi 27 septembre 2013 5 27 /09 /Sep /2013 22:48

 

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Force est de constater que Viviane Reding fait actuellement l'unanimité en France... contre elle. Connue pour son sens légendaire de la mesure, la commissaire européenne_ elle avait déjà comparé en 2010 les camps de Roms en France à la politique nazie durant la Seconde Guerre mondiale_ s'est de nouveau illustrée en affirmant : « Si je ne me trompe [pas], il y a de l'élection dans l'air en France. À chaque fois qu'on ne veut pas parler de choses importantes comme le budget ou les dettes, on trouve les Roms.». Rassurant de constater qu'elle tient des propos toujours aussi modérés au fil des années, au cas où certains s’inquiéteraient d'une possible sénilité.


Rappelons que la Luxembourgeoise prépare discrètement l'échéance de 2014 : non celle des Municipales actuellement sous le feu médiatique en France, mais celle des Européennes qui formera une nouvelle Commission. En mal de sujets à récupérer sur son propre terrain (à savoir la politique européenne), elle semble aspirer à s'immiscer dans les affaires des autres : habituée des réactions sur la politique intérieure française, Reding a ajouté : « C'est sur décision d'un juge qu'ils peuvent être évacué, s'ils ont fait quelque chose qui va contre les lois de l’État en question ». Rappelons à la commissaire européenne que la liberté de déplacement, qui s'avère être un droit fondamental, ne signifie pas la liberté d'installation sur des terrains privés ou publics : dans ce deuxième cas, les personnes sont en effet en infraction.

 

Viviane Reding a sans doute omis_ probablement en cause un séjour trop prolongé en Belgique au siège de la Commission_ qu'il n'existe aucun camp de Roms au Luxembourg et ce pour une raison simple : les gens du voyage ont l'interdiction de s'installer dans des campings et il n'y a aucune aire de stationnement spécifique. Cette discrimination menée au Luxembourg va à l'encontre des lois nationales et européennes qui enjoignent aux États membres de construire des aires d'accueil et de stationnement. En outre, mendier au Luxembourg pour les Roms revient à être tout simplement menacé de poursuites pour mendicité en réunion (1639 procès verbaux pour mendicité en réunion ont été dressés par les autorités en 2009). Pays en somme où la politique d'immigration s'apparente à une reconduite à la frontière.

 

Viviane Reding aura au moins eu un mérite et non des moindres : mettre en lumière les dirigeants européens qui nous gouvernent à Bruxelles. Publicité néanmoins risquée si l'objectif fut de renforcer la mobilisation aux urnes en mai 2014...

Par Maxime Valery Muller
Dimanche 22 septembre 2013 7 22 /09 /Sep /2013 19:48

 

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L'écologie en France s'est définitivement politisée, c'est un fait indéniable, à tel point qu'elle s'incarne si profondément aujourd'hui au sein d'un parti et de ses rouages politiciens qu'elle est utilisée au détriment de sa cause originelle, à savoir la promotion du développement durable.

Pascal Durand, secrétaire national d'Europe Écologie les Verts, est donc rassuré. L'écologie en tant que système de valeurs l'est-elle pour autant ?

 

Avant même que la conférence débute, les premiers airs de la mélodie étaient d'ores et déjà connus : ce n'est pas l'avenir de la transition énergique qui était en jeu, mais les bisbilles politiques entre le gouvernement Ayrault et ses turbulents alliés d'EELV : qui remporterait le bras de fer?

Le plus frappant s'avère être que la véritable lacune de cette conférence est symbolique de l'action du gouvernement depuis l'investiture de François Hollande : les objectifs sont clairs, les moyens pour y parvenir demeurent d'une inquiétante absence.

 

En effet, diviser la consommation d'énergie d'ici 2050 semble certes ambitieux en terme de transition énergétique : cette promesse fut-elle couverte de plus de crédibilité si la mise en œuvre des objectifs environnementaux fixés l'an dernier par ce même gouvernement avait été réalisée. En outre, annoncer de faire passer la part du nucléaire de 75 à 50% avant 2025 apparaîtrait presque comme une plaisante ironie lorsqu'on connaît la position gouvernementale à propos des 19 centrales nucléaires françaises : aucune fermeture n'est actuellement envisagée, pas même celle de la plus vétuste, à savoir Fessenheim.

 

Seule promesse qui semble tenable, la contribution climat-énergie, qui rapportera 2,5 milliards d'euros en 2015 et 4 milliards d'euros en 2016. Peu, très peu, pour résorber une once d'un déficit public abyssal, sans faire mention d'une dette qui s'élève aujourd'hui à 1900 milliards d'euros... 


Sans attendre les prochains mois pour remettre en cause ses propres déclarations, le président de la République a concédé lors de cette conférence, comme pour inclure une clause de renoncement, que les objectifs qu'il venait de fixer étaient très ambitieux et que ces derniers devraient être adaptés à la croissance à venir. Avec une prévision de croissance du PIB de 0,2% au troisième trimestre 2013 et de sombres perspectives pour 2014, les responsables d'Europe Ecologie Les Verts peuvent donc se réjouir. Il leur reste en effet de belles années de carrières politiciennes devant eux avant que le terme de développement durable s'impose réellement dans l'agenda public d'un gouvernement français. Ce n'est pas Cécile Duflot, ministre du logement s'accrochant à son strapontin quelque soit la politique menée par le gouvernement, qui osera me contredire.  

Par Maxime Valery Muller
Vendredi 2 août 2013 5 02 /08 /Août /2013 17:34

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La transgression s'avère être inhérente à toute société démocratique. Néanmoins, arrive parfois un point extrême où le ridicule incarné par le pouvoir en place est tel qu'elle en perde toute acuité. L'actualité politique récente en est l'archétype.

 

Doué d'une crédibilité similaire à Ben Bernanke, directeur de la Fed, affirmant relancer durablement les bases de l'économie mondiale via son quantitative easing, François Hollande « entraperçoit » la reprise économique. La reconversion du Président de la République en comique, suggérée par l'analyste économique Olivier Delamarche, ne paraît pas dénuée de tout fondement. Christine Boutin n'est-elle pas l'exemple que passer de personnalité politique à saltimbanque est aisément réalisable ?

Le résident élyséen enjoint donc aux Français d'attendre la fin de l'année pour constater que la courbe du chômage chutera. Dans une ère où même les prostituées utilisent le terme inflation plus souvent que celui de fellation, la France patiente pendant que l’État Providence, démantelé de toutes parts sous la pression du capitalisme financier ainsi que l'inertie et la collaboration du pouvoir en place, s'apprête à tomber dans les limbes de l'histoire.

 

Avec le choix de l'austérité, le gouvernement socialiste a néanmoins un mérite et il serait injuste de l'ignorer : le tournant de la rigueur, impulsé par Pierre Mauroy en 1983, perd sa première place sur le podium de l'ébranlement du « socialisme ». L'étude de ce terme, ses tenants et ses aboutissants, sont désormais seulement le seul apanage des historiens : la plume des sociologues contemporains devient bien sèche lorsqu'il s'agit d'écrire sur ce que représente aujourd'hui le socialisme. D'autant plus lorsqu'ils prennent conscience qu'il n'existe tout simplement plus. Idéologie utopiste, le socialisme l'a toujours été. Néanmoins, reconnaissons qu'il fut des hommes pour y croire et tenter la confronter sincèrement à l'exercice du pouvoir : désormais, être socialiste se définit par la seule capacité à démanteler, une par une, les réformes votées sous le gouvernement précédent de droite. Bientôt, il sera nécessaire de garder ostensiblement sur soi une rose, une écharpe rouge, et sa carte d'adhérent pour pouvoir être aisément reconnu comme socialiste : simple conseil avisé aux possibles futurs adeptes. Certains diront que cette assertion s'inscrit dans l'exagération gratuite : le fait est que le comble est poussé au point tel qu'un homme comme le polémiste Jean-Eder Hallier, s'il était encore parmi nous, regretterait sans doute François Mitterrand en observant la médiocrité du Président et de sa troupe d'intermittents du spectacle qui peuplent les arcanes du pouvoir de la République.

 

Quelle troublante sensation en observant François Hollande se faire interviewer le 14 juillet dans le jardin de l'Élysée : un journaliste s'avère être plus charismatique qu'un Président de la République. Compassion sincèrement éprouvée également en l'observant craindre viscéralement la rentrée politique à venir au point de préférer bronzer sur les terrasses de l'Elysée plutôt qu'au Fort de Brégançon. Étrange enfin de retenir une seule impression positive d'une de ses déclarations présidentielles : ses commentaires lors du Tour de France 2013. Lecteur assidu de l'Equipe, il a prouvé, devant des millions de téléspectateurs, qu'il l'était incontestablement à défaut d'avoir convaincu les Français de sa capacité à enrayer la crise économique.

 

On va donc devoir se contenter du fait que l'homme détenant les rennes du pouvoir s'avère être plus aguerri à propos de la connaissance des transferts du Mercato que la conduite des affaires de l'Etat. C'est toujours ça de pris au cas où les dirigeants du PSG recherchent un nouvel entraîneur dans les mois à venir.  

Par Maxime Valery Muller

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