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Mardi 14 mai 2013 2 14 /05 /Mai /2013 19:42

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Au delà des évènements en eux-mêmes, il s'avère intéressant d'analyser les différentes réactions des politiques suite aux actes de vandalisme commis lundi 13 mai 2013 au Trocadéro par une poignée de supporters ultras. Il est toujours rassurant de remarquer que la crise morale et le désarroi qui touchent notre pays n'épargnent pas les élus de la République...


La plus belle phrase de la soirée est sans doute celle de Bruno Julliard qui croît indispensable de déclarer : "Je condamne les actes du Trocadéro". Nous sommes soulagés de l'apprendre si certains avaient encore un doute sur une possible appartenance aux casseurs de l'ancien meneur des manifestations anti-CPE.

 

Si Christian Vanneste manquait à certains électeurs de l'UMP depuis sa mise au banc suite à ses propos sur les homosexuels en 2012, son digne successeur semble disposer des qualités requises pour lui succéder : le député du Var Jean Sébastien Vialatte a réagi aux évènements du Trocadéro en lançant ce tweet : "Les casseurs sont sûrement des descendants d'esclaves ils ont des excuses #Taubira va leur donner des compensations". Tout en finesse. La veille, il avait tenté de se lancer dans le métier d'humoriste, sans succès, en tweetant : "#Valls le chimique en panne de gaz!"

 

D'autres élus entendent tirer profit de l'évènement : le député PS Jean-Marie Le Guen se place à la tête de cette cohorte : "Je suis un élu de Paris et me suis battu pour faire en sorte que les casseurs soient exclus de stade".  Tout un chacun est heureux de le savoir sauf qu'aux dernières nouvelles la place du Trocadéro n'a pas encore été transformée en stade. A moins qu'il ait été informé en exclusivité par Bertrand Delanoé d'une nouvelle offre qatarite...

 

Terminons avec la traditionnelle polémique sur les insuffisances des moyens policiers sur place : NKM, dans la course aux municipales à Paris, n'a pas manqué d'interpeller le ministre de l'intérieur Manuel Valls afin de souligner sa responsabilité. Quelles auraient été les mesures préconisées par l'ancienne ministre de l'environnement si elle s'était trouvée à la tête de ce maroquin ministériel? Faute de temps en raison de sa campagne ou simple omission, on attendra pour d'éventuelles solutions à apporter au hooliganisme parisien. Telle Roselyne Bachelot au mondial 2010 en Afrique du Sud face aux joueurs épleurés de l'équipe de France, NKM a en tout cas, avec les larmes en moins, réussi à témoigner de son osmose avec le peuple parisien : "J'ai vu leur déception, j'ai partagé leur colère. J'ai aussi rencontré les victimes, j'ai vu leur écœurement". 

 

Il n'aura manqué, au grand regret des Parisiens, que Christine Boutin pour rééditer son célèbre malaise. Cela aurait en tout cas eu le mérite d'ajouter une touche romanesque à l'affaire.

Par Maxime Valery Muller
Dimanche 12 mai 2013 7 12 /05 /Mai /2013 16:01

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Qu'est ce que recouvre aujourd'hui le terme probité au sein de la sphère politique? Jérôme Cahuzac s'avère être un bon début de réponse. Cloué au pilori il y a encore quelques semaines, celui qui avait menti à ses plus proches amis, trouvant refuge dans sa voiture faute d'âmes sensibles pour lui offir le gîte, aspirerait à se présenter à sa propre succession lors des législatives partielles à Villeneuve-sur-Lot. Nombre d'électeurs sondés semblent même déjà conquis par un éventuel retour du Cahuzac repenti. Pourquoi s'en étonner?

 

Tout d'abord, le fait même d'avouer sa faute, de s'être autoflagellé durant plusieurs semaines dans les médias, apparaît inédit aux yeux de nombreux électeurs et peut expliquer la possible réussite de son retour à venir. Le fait est que s'excuser publiquement n'est pas une chose particulèrement répandue au sein de nos élites politiques. Cet argument du "faute avouée, à moitié pardonnée" n'est néanmoins pas applicable à toutes les fautes : au jeu de la dégradation de son image personnelle, DSK fait figure de champion incontestée face au rookie Cahuzac!

 

Une autre raison fondamentale favorisant un éventuel retour semble être le fait que, quelles qu'aient été les fautes commises, la réussite du bilan accompli depuis 1997 à la tête de sa circonscription est indéniable. Le Parti Socialiste peut l'avoir abhorré, donné en pature à la vindicte publique pour sauver un gouvernement déjà en naufrage, sa capacité à empêcher une réelection de Jérôme Cahuzac serait illusoire : souvenons nous du défunt George Frêche, enterré par les instances nationales du PS par Martine Aubry, qui remporta néanmoins largement les régionales de 2010 (la liste d'Hélène Mandroux, ardemment soutenue par le PS et les Verts, avait atteint... 7,74% des suffrages exprimés au premier tour). L'ancrage local d'un homme apparaît comme un des rares repères pour des électeurs se sentant de plus en plus abandonnés par les élites parisiennes.


Enfin, Jérôme Cahuzac, s'il se lance dans cette législative partielle, se présentera sous l'étiquette "indépendant" puisqu'il a été exclu du PS par le "ô" charismatique Harlem Désir. Miser sur l'impopularité du gouvernement, en apparaissant comme un homme ayant été sacrifié sans scupules pour assurer la pérennité du mandat de François Hollande, peut être une stratégie gagnante. Affaire à suivre.  

Par Maxime Valery Muller
Samedi 20 avril 2013 6 20 /04 /Avr /2013 22:04

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Scènes de liesse en rafale sur l'ensemble des chaînes de télévision américaines. Les drapeaux flottent, certains jeunes adolescents semblent même boire jusqu'à l'ivresse. Soirée de finale du Superbowl? Les Etats-Unis auraient-ils remporté, pour la première fois de leur histoire, la coupe du monde de football? Il n'en est rien. Cette foule enthousiaste fête la traque réussie de deux terroristes ayant commis l'attentat le plus meurtrier depuis le 11 septembre 2001. Etrange scène, inquiétante même, sur l'état d'une société aspirant s'inscrire comme un modèle pour le reste du monde. 

 

Aucun américanisme latent ne sous-tend mes propos, seulement un constat tentant de s'extirper de tout subjectivisme excessif : à la vue de ces images, je ne pus m'empêcher de rapprocher ces évènements des pires moments de l'épuration à la fin de la seconde guerre mondiale dans les pays libérés, des regards aiguisés désirant, en des temps moyennageux, assister à une exécution publique comme un citoyen lambda se rend aujourd'hui au cinéma... On ne peut, en tout cas, reprocher au peuple américain de manquer de patriotisme : il est certain, incontestable, contredisant même toutes les considérations sociologiques sur le matérialisme ambiant des américains ne pensant qu'à leur seul consumérisme.

 

Cette catharsis des temps modernes n'est-elle pas, au final, révélatrice d'un malaise ambiant, d'une perte totale des repères qui nous ont conduit, un jour, à considérer notre société occidentale comme celle qui apporterait à l'Homme le système sociétal lui permettant de s'épanouir? 

Par Maxime Valery Muller
Jeudi 31 janvier 2013 4 31 /01 /Jan /2013 01:57

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Si certains doutaient encore que l’ère du narcissisme virtuel n’en était qu’à ses balbutiements, l’utilisation à outrance des réseaux sociaux par la classe politique française, initiée dès l’élection présidentielle de 2007, puis banalisée par le vent d’Obamania de 2008, a atteint un nouveau palier lors de l’échéance électorale 2012. 

 

Outil incontournable, le web 2.0 doit être, si ce n'est contrôlé, compris par l'homme politique moderne : par conséquent, s'entourer des experts les plus compétents dans ce domaine au sein d'une équipe de campagne apparaît comme une nécessité intrinsèque. Autre atout des réseaux sociaux pour les candidats : le temps de parole, contrôlé avec rigueur par le CSA qui veille à une stricte égalité entre les candidats au sein des médias audiovisuels, ne l'est pas au sein des réseaux sociaux et plus largement sur internet. Cela permet ainsi de contourner légalement les médias classiques. De surcroît, les réseaux sociaux concentrent une cible n'étant pas toujours encline à suivre les médias audiovisuels, les 18-25 ans, alors que les réseaux sociaux font à l'orée 2013 partie intégrante de leur mode de vie.

Par conséquent, avec 25 millions de Français sur Facebook (plus du tiers de la population), un homme politique se doit de créer sa propre communauté virtuelle en fédérant au maximum autour de lui par la création d'un fort sentiment d'appartenance. Cela passe par la mise à nu de sa personne : goûts musicaux, sports, livres ou films préférés, toute l'existence personnelle du politicien est dévoilée volontairement sur sa page. Ainsi, en se plaçant sur la même marche que tout citoyen, la proximité se crée de facto. A certains égards, sans tomber néanmoins dans un jusqu’auboutisme, certains politiques « hyper-connectés » pourraient presque s’apparenter à cette réplique de Pierre Desproges : « Si elle avait fait une fausse couche, elle aurait posé avec le placenta dans Paris Match ».
 

Phénomène, plus rare et plus fallacieux pour la démocratie, fut la stratégie tentée par l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy pour rendre l'internaute acteur quasi-direct de la politique de sa Nation : afin de créer l'illusion que l'internaute pouvait influencer le candidat, il fut instauré par l'équipe médias de Nicolas Sarkozy une nouvelle application Facebook (application « idées », précisions pour les potentiels amateurs...). Le candidat de l'UMP offrait l'opportunité à chacun de lui donner ses idées: celles recueillant le plus de votes pouvaient donner à son auteur l'occasion de rencontrer le chef de l'Etat, la mention laissant même présager que l'idée allait être prise en compte par le Président de la République et l'influencer dans sa prise de décision.

Loin de se pourfendre de l’utilisation au sens large des médias sociaux par les politiques, une question légitime se pose : cette démocratie participative n'incarne-t-elle pas une nouvelle tendance promue par la classe politique afin de dissimuler la vacuité de son discours ? D'ailleurs, si on prend la définition de « démocratie participative », la pratique qu'en font les hommes politiques sur les réseaux sociaux semble à mille lieux de sa signification originelle : la démocratie participative s'avère être une forme de partage et d'exercice du pouvoir dont le fondement principal est le renforcement de la participation des citoyens au processus décisionnel de l'homo politicus. Cette participation implique une neutralité de base du citoyen, c'est à dire qu'il est libre dès le point 0 de choisir de défendre une idée soutenant ou allant contre tel ou tel candidat : c'est ainsi que le terme habermassien de « démocratie délibérative » prend tout son sens. Dans le cadre de l'application Idées du président-candidat, la délibération est de facto influencée : en effet, avant d'avoir le droit de donner son avis, il faut premièrement « aimer » la page Facebook du candidat, ce qui annihile toute neutralité dans les propositions ensuite faîtes par le cyber-acteur. Une question fondamentale reste le véritable impact d’une action politique au sein des réseaux sociaux: s’il est indéniable qu’il est plus aisé de rassembler des milliers de personnes au sein d’une communauté virtuelle qu’à un meeting, la politisation n’est pas la même. Se déplacer à un meeting dénote un véritable intérêt, si ce n’est pour la politique, en tout cas pour la personne qu’incarne l’homme politique, tandis qu’adhérer à un candidat via internet ne requiert qu’un clic. 

 
En outre, une tendance actuelle s'affirme au fil des élections : l'achat de contacts ou de « followers » par l'homme politique sur Facebook et Twitter afin de donner l'illusion d'un mouvement d'adhésion envers un lui : le site « acheterfollowers.com » propose ainsi des packs : pour « un pack 10 000 followers » sur Twitter le prix est ainsi de 317 euros. « Le pack de 10 000 fans » sur Facebook peut être acheté pour la somme de 477 euros avec la mention « Livraison des fans en 48h ». Tout s'achète sur internet, même son réseau de contacts, de fans : donner l'apparence d'une popularité « virtuelle » sur les réseaux sociaux est selon ce site le gage de gagner « en crédibilité et en notoriété », « améliorez votre image de marque », «  Prenez un temps avance sur vos concurrents ».
 

Instrument permettant à l’homme politique de sonder la plèbe, d’en connaître les aspirations, le réseau social apparaît comme la clé des futurs décideurs politique. Celui qui saura au mieux appréhender le web 2.0 et comprendre la signification, en termes de revendications, de l’agrégat des interactions qui l’animent, acquerra un avantage substantiel face à ses adversaires. En outre, l'important pour l'homme politique n'est pas tant d'être populaire sur les réseaux sociaux que de donner l'apparence qu'il y soit : l'achat de contacts et de « followers » apparaît comme l'archétype de cette tendance. Il me revient en mémoire l'échange entre Napoléon Bonaparte et son frère Joseph, après le plébiscite demandé au peuple Français afin de le consacrer empereur en 1805:

 « Je persiste à croire que la vérité... » Joseph Bonaparte à Napoléon
-  « Ne vois-tu pas que l'important en politique est l'apparence » Napoléon

Néanmoins, le défi est tel qu’il restera toujours parcellaire, toutes les données de compréhension du web social ne pouvant être comprises exhaustivement. La réalité est que l’internaute peut aujourd’hui encadrer l’homme politique par la crainte qu’il laisse peser sur ses épaules : « Le peuple n’a jamais eu autant de pouvoir que sur internet » (Benjamin Lacombe). Une certitude ne peut être remise en cause : le nombre d'utilisateurs augmente de manière exponentielle au fil des années. Une étude d'eConsultancy a comparé les chiffres actuels avec ceux d'il y'a un an : Twitter a augmenté de 125% son nombre d'utilisateurs (75 millions à 200 millions), LinkedIn de 100% et Facebook est passé de 350 à 640 millions d'utilisateurs. A la vitesse où le mouvement s'accentue, ces chiffres ne sont d'ores et déjà plus d'actualité.

 

 

Par Maxime Valery Muller
Jeudi 6 décembre 2012 4 06 /12 /Déc /2012 17:08

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Il me semblait indispensable de présenter quelques conseils à toute personne désirant se lancer dans le grand projet de société proposé par le groupe ArcelorMittal.

 

Postuler dans un métier d’avenir chez Arcelor Mittal : le lobbying

Convaincre un (ou plusieurs, primes à la clé !) des 60 gouvernements des pays au sein desquels la firme opère de la nécessité et le bien-fondé de fermer une usine sidérurgiste. Mieux qu’Age of Empire, vous aiderez l'entreprise à conquérir un empire grâce à la mondialisation.

Compétences requises : ignorer toute distinction entre le bien et le mal (poste donc fermé à tout adepte de la morale kantienne), forte capacité de persuasion et de coercition, connaissance parfaite de la biographie de Paul Volcker et d’Alan Greenspan.

 

La menace d’OPA

Moins répandue, mais tout aussi efficace : menacer d’OPA la firme afin d'enjoindre ArcelorMittal à étudier votre candidature à un poste au sein du conseil d’administration.

Point positif : bonne évolution de carrière et avantages divers liés au poste.

Point négatif : impossibilité de se reconvertir dans la politique avec l’étiquette Front de Gauche.

 

Etre rentier

Autant dire qu’un bon capital en banque permet de s’assurer financièrement contre la fermeture impromptue (en dehors de toute volonté de l’altruiste Lakshmi Mittal : le terme humaniste, afin de le qualifier, me paraissait trop prématuré) d’un site d’ArcelorMittal.

 

Pour les moins motivés…

Le plus simple : postuler directement en ligne sur le site internet d’ArcelorMittal (http://www.transformerlavenir.com/fr/offres-emploi ).

Par Maxime Valery Muller

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